Mon histoire d’amour

Installée depuis le XVIIIè siècle sur les rivages de la capricieuse Cèze, je n’avais connu jusqu’alors qu’une vie laborieuse de simple paysanne, mais j’étais dotée déjà d’un fort caractère. En témoignent mes murs, non dénués d’une certaine élégance : l’arrondi de ma façade Sud, ma double rangée de génoises, ma taille de onze mètres, et mon tilleul centenaire, symbole de liberté, sans doute planté juste après la Révolution Française.

Au siècle passé, je n’eus qu’à paresser, désoeuvrée, vide souvent, habitée parfois le temps d’un été, quelquefois visitée pour une vente incertaine, mais toujours abandonnée pendant les longs mois d’hiver. Je me languissais … J’étais hantée par les fantômes du passé.

L'entrée du gîte