Mon corps de logis

 

 

A me voir, vous n’en douterez pas, j’ai conservé la tournure de ma naissance, massive et altière.

Campée sur les bords de ma rivière, la Cèze, chuchotante ou rugissante,  blottie sous ma colline boisée de chênes blancs, de buis odorants et de micocouliers, je m’éveille le matin au chant du rossignol, de la mésange bleue et de la fauvette  babillarde, m’étonne de l’ombre méridienne des rapaces, me réjouis de l’hymne des cigales au soleil, et je m’endors bercée par le gospel des grenouilles et des grillons.